Jeudi 19 Octobre 2023- HOTEL PULLMAN

La première édition de la journée nationale du Conseil, organisée par la Fédération Nationale des Experts et Conseils du Sénégal (FNECS)- CNES, s’est tenue le Jeudi 19 Octobre 2023, à l’hôtel PULLMAN, Dakar, Sénégal.

Cette journée a été caractérisée par cinq (5) Communications autour des thèmes majeurs suivants : (i) Le Consultant et l’expert, similitudes et spécificités ; (ii) Les enjeux et perspectives des experts et consultants ; (iii) La réglementation de la profession et du métier d’expert et de consultant ;(iiii) le métier d’expert et de consultant par l’ONECCA, (iiiii) le métier d’expert et de consultant par ARCOP. Ces communications ont été faites par cinq (5) experts/professionnels dans les domaines respectifs, que sont : George Moussa SARR, Abdoulaye Faty MBOW, Ndongo SENE, ONECCA et MME Khadijétou Dia LY (ARCOP).

Les sessions ont été présidées par Mohamed Ben Omar NDIAYE, Professeur titulaire des universités, Agrégé en Économie et Directeur de l’Institut des Politiques Publiques (IPP) de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar.

Communication 1

La première communication qui porte sur le thème : « Le Consultant et l’expert, similitudes et spécificités », a été faite par Monsieur George Moussa SARR. Elle fait une analyse comparative et les principales leçons tirées se résument ainsi de suite.

Un consultant est un spécialiste du processus plutôt qu’un expert du contenu. Il apporte une expertise et une expérience (sectorielle, fonctionnelle, méthodologique opérationnelle …) qui ne sont a priori pas présentes ou disponibles dans l’organisation ou qui sont dans ses « zones d’ombre » (qu’elles concernent le management, l’organisation, la stratégie d’offre, la prospective métier ou sectorielle …par exemple).

Le consultant se distingue de l’expert-conseil en ce sens qu’il aide ses interlocuteurs à utiliser leurs propres ressources.

« La notion de consultant est utilisée pour caractériser un type d’intervenant dont la compétence porte sur le contenu des situations et les méthodologies à mettre en œuvre) qu’on lui soumet mais également que sur les processus de changement.

Le consultant use de son expertise, de son influence, de ses qualités personnelles pour faciliter le changement souhaité par son client, sans avoir d’autorité personnelle pour le mettre en œuvre. (Scott). « Il doit être plus qu’un expert de son domaine, il doit aussi rendre au client le bénéfice de la mission. » (Schaffer).

Par ailleurs, l’expert n’est pas seulement un savant, mais encore une personne d’expérience maîtrisant les multiples facettes de son domaine d’expertise, en maîtrisant le périmètre et sachant, le cas échéant, faire appel aux expertises complémentaires. L’explosion des connaissances implique nécessairement la spécialisation. La mise en commun des expertises devient par conséquent normale et nécessaire.

L’expert est capable d’expliquer aux uns et aux autres son raisonnement et les solutions qu’il propose pour prendre une décision à un moment donné, en fonction de l’état des connaissances à ce moment et de son expérience dans le domaine. Il se repose notamment sur les recherches passées et en cours et n’avance jamais une théorie sans référence et appareil critique. Il doit en permanence entretenir et approfondir ses compétences, notamment en participant à des débats entre experts. Le niveau d’expertise varie en fonction de l’expérience et de la stabilité du domaine couvert (objet de recherche régulière ou milieu en constante évolution).

L’expert peut être intégré à l’entreprise, il est alors évalué dans le cadre hiérarchique de l’entreprise et sur l’application concrète de ses travaux. Dans tous les cas l’expert est aussi reconnu par ses pairs sur la base de ses publications (qui influent sur sa rémunération dans les instituts de recherche ou d’enseignement) et de ses prises de paroles.

Lorsque l’expert est extérieur à l’entreprise et réalise une mission, le financement de ses travaux est souvent public ou sous contrat (même s’il existe un secteur privé de la recherche) et il se revendique en général de l’intérêt général et de son indépendance.

Communication 2

La deuxième communication qui porte sur « Les enjeux et perspectives des experts et consultants » a été faite par Abdoulaye Faty MBOW. Cette communication a fait état d’une étude de cas de l’Ordre National des Experts (ONES). C’est un sujet d’actualité et à la fois d’avenir de par le monde et dans notre pays en cette période

de nécessité de production industrielle et d’emploi, malgré une volonté politique qui retient l’attention, notamment par celle de la Fédération des « « Experts » de la Confédération Nationale des Employeurs du Sénégal (CNES)»», créée en 1983. Aussi, M. Mbow rappelle la première qualité que doit avoir un responsable sur l’appréciation de son secteur, c’est à dire l’objectivité : il doit être lucide sur les forces et les faiblesses. Il a présenté le contexte de l’expert et du consultant dans le monde, en Afrique et au Sénégal. Il a rappelé les concepts d’expert et de consultant :

le Dictionnaire Le Larousse définit l’Expert comme étant une personne qui a acquis une grande habilité par le savoir et l’expérience à travers la pratique  ou une personne choisie pour ses connaissances éprouvées et chargée de faire des examens, des constations ou des appréciations de fait

;ou une personne spécialisée dans un domaine et chargée de juger, d’apprécier.

Quant au Consultant, toujours selon Le Larousse :

– C’est une personne appelée à intervenir dans des entreprises, y analyser et résoudre des problèmes ponctuels ; ou encore

– C’est un référent en matière de gestion d’entreprise car, il s’occupe à conseiller à tout moment, aux difficultés et aux obligations

liées à l’activité de la structure.

Aussi, deux sortes d’expertise : judiciaire et non judiciaire communément appelée technique.

 –Ordres

C’est ainsi que dans notre pays, existe l’Ordre National des Experts du Sénégal (ONES) régi par la Loi n° 2017-16 du 17 février 2017 portant création de l’Ordre National des Experts du Sénégal et son Décret d’application n° 2.421 du 31 décembre 2020.

L’ONES est un établissement public à caractère professionnel sous la tutelle du Ministère de la Justice (articles 1er et 29 de la Loi n°2017-16 précités). Il est administré par un Conseil de l’Ordre, assisté par un Commissaire du Gouvernement désigné par Arrêté ministériel, représentant le Gouvernement.

Ainsi, l’ONES est la seule corporation au Sénégal, habilitée par la Loi 2017-16 à faire l’expertise dans les domaines qui lui sont réservés par ladite Loi, à savoir : Automobile, Commercial, Fiscal, Immobilière, Incendie, Industriel, Maritime cargaison, Maritime corps et machines, soit huit (8) sections.

Il a développé les dispositions et l’organisation à mettre en place pour assurer une bonne gestion d’un cabinet. 

Enfin, il a recommandé aux cabinets d’expertise, de consultance l’ORGANISATION ET LA METHODE. Les activités professionnelles que mènent les Experts et Consultants demandent d’être normalisées aux fins de faciliter aux destinataires de nos études : lecture facile, compréhension et utilité des rapports.

Pour les Ordres assermentés, une organisation est souhaitée, avec un mode de regroupement à définir, pour un plaidoyer plus consistant à l’endroit de notre environnement économique.

De par leurs activités professionnelles les Experts et Consultants ont le devoir d’être des sujets d’alerte nationaux, aux fins d’une meilleure information économique, contribuant dans les prises de décision de nos dirigeants, comme cela se fait dans les Organisations internationales et dans les pays industrialisés.

Des contacts avec l’Etat ainsi que le Secteur privé national et les autres secteurs clefs

de l’économie nationale doivent être envisagés périodiquement aux fins de dialogue économique de synergie nationale et d’alerte ; les Cabinets et les Ordres doivent échanger avec leurs homologues Africains et Internationaux.

La formation et l’autoformation sont indispensables à un prestataire intellectuel. Ainsi un budget annuel pour cet important domaine est à prévoir dans les Cabinets et Ordres

Enfin, il recommande aux consultants et experts, le respect des contrats ; c’est de l’éthique

Communication 3

La troisième communication qui porte sur le thème « La réglementation de la profession et du métier d’expert et de consultant », a été présentée par l’ONECCA. L’objectif de cette communication est : d’abord de faire connaître aux parties prenantes la réglementation de la profession /métier du consultant et de l’expert, ainsi que les difficultés et contraintes rencontrées (y compris les aspects positifs…) 

Le Cadre institutionnel

Avant la directive N° 02 / 07 /CM/UEMOA du 28 septembre 1997, transposée au Sénégal par la loi 2000-05 du 10 janvier 2000, portant création de l’ONECCA dans les États membres de l’UEMOA, les Experts-comptables étaient membres de l’Ordre National des Experts et Évaluateurs Agréés du Sénégal (l’ONEEAS) régi par la loi 83-06 du 28 janvier 1983, sous la tutelle du Ministre chargé de la justice.

En 1997, conscient de l’importance de l’information comptable et financière dans la prise de décisions de tout investisseur et du rôle déterminant de la profession comptable dans la fiabilité des états financiers des entreprises, le Conseil des ministres de l’UEMOA a pris un certain nombre de règlements et de directives pour harmoniser le cadre régissant l’exercice de la profession au sein de l’UEMOA.

Après le règlement n°04/96/CM/UEMOA du 20 décembre 1996 portant adoption d’un référentiel comptable commun au sein de l’UEMOA dénommé Système Comptable Ouest Africain (SYSCOA), entrée en vigueur le 01 janvier 1998 (devenu SYSCOHADA en 2001 dans un espace plus large 17 pays dont les 8 de l’UEMOA, les 6 de la CEMAC plus les Comores, la Guinée et la RDC), les textes de l’UEMOA portent sur :

La Directive N° 02 / 07 /CM/UEMOA du 28 septembre 1997 portant création d’un Ordre national des Experts-comptables et des Comptables agréés (ONECCA) dans les États membres de l’union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).

L’ONECCA pour rôle d’organiser et réglementer l’exercice de la profession comptable dans les États membres de l’UEMOA.

Au Sénégal, sous la tutelle du Ministre chargé des finances, l’ONECCA est un Établissement Public à caractère professionnel doté de la personnalité morale et regroupant obligatoirement et exclusivement les personnes habilitées à exercer la profession d’Expert-comptable ou de Comptable agréé. 

– Le Conseil National de la Comptabilité (CNC) devant servir de cadre de concertation et de consultation entre les producteurs et les utilisateurs de l’information comptable pour la normalisation comptable ;

– La Directive n° 04/97/CM/UEMOA du 28 novembre 1997 portant création des Centres de Gestion Agréés (CGA) dans tous les Etats membres de l’UEMOA.

– Le Règlement N°01/2009/CM/UEMOA du 27 mars 2009 instituant un Conseil permanent de la profession comptable (CPPC) dans l’union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA).

Le CPPC a pour rôle, le contrôle de la pratique professionnelle

– La Directive n°04/2009/CM/UEMOA instituant un Guichet unique de dépôt des états financiers (GUDEF) dans les Etats membres de L’UEMOA

– Le code de déontologie et d’éthique (Règlement n°01/2017/CM/OHADA portant harmonisation des pratiques des professionnels de la comptabilité et de l’Audit des pays de membres de l’OHADA)

Les normes internationales

Étant full member IFAC, l’ONECCA Sénégal est soumis aux normes internationales édictées par :

  • International Auditing and Assurance Standards Board (IAASB) → Normes internationales d’Audit, de Certification et de gestion de la Qualité.
  • International Ethics Standards Board for Accountants® (IESBA) → Normes internationales de Déontologie.
  • International Education Standards (IESs) → Normes internationales de formation professionnelle.
  • International Public Sector Accounting Standards Board® (IPSASB) → Normes internationales, Directives et Ressources pour les entités du secteur public.

Pour s’inscrire au Tableau de l’Ordre en qualité d’Expert-comptable, il faut :

  • Être de nationalité sénégalaise ou ressortissant d’un état membre de l’UEMOA ;
  • Jouir de ses droits civils ;
  • N’avoir subi aucune condamnation criminelle ou correctionnelle de nature à entacher son honorabilité, notamment aucune condamnation comportant l’interdiction du droit de gérer et d’administrer des sociétés ;
  • Être titulaire d’un diplôme d’expertise comptable dûment reconnu par l’autorité compétente ou de tout autre diplôme jugé équivalent par la Commission d’équivalence ; ou avoir été inscrit en qualité d’Expert-comptable au Tableau de l’Ordre National des Experts Comptables et des Comptables Agréés d’un autre Etat membre de l’UEMOA, sous réserve de réciprocité ;
  • Présenter des garanties de moralité jugées suffisantes par le Conseil de l’Ordre ;
  • Avoir son domicile fiscal au Sénégal.
  • NB : le titulaire d’un diplôme d’expertise comptable, non inscrit au Tableau et n’exerçant pas la profession d’Expert-comptable à titre indépendant, ne peut se prévaloir que du seul titre de « Diplômé d’expertise comptable »

Les missions de Experts-comptables et des Comptables agréés

Le Comptable agréé, au sens de la loi n° 2000-05 du 10 janvier 2000, est celui qui, inscrit au tableau, fait profession habituelle de tenir, ouvrir, surveiller, centraliser, arrêter et, dans l’exercice de ses missions, redresser les comptabilités des entreprises et organismes auxquels il n’est pas lié par contrat de travail.

Dans le cadre de sa mission d’établissement des comptes, Le Comptable agréé est habilité à attester la régularité et la sincérité des états financiers de synthèse des entreprises et organismes dont il arrête la comptabilité.

D’une façon générale, l’expert-comptable peut donner tout conseil ou faire toute recommandation en matière juridique et fiscale, de gestion et d’organisation.

Exerce illégalement la profession d’expert-comptable, toute personne qui sans être préalablement inscrite au tableau, ou qui, ayant été inscrite, en a été suspendue ou radiée, exerce habituellement en son nom et sous sa responsabilité́, les travaux définis ci-dessus, ou qui assure la direction.

Nul ne peut exercer la profession de comptable agréé et en porter ainsi le titre s’il n’est inscrit au Tableau de l’Ordre.

Les affiliations internationales

– Association of Accountancy Bodies in West Africa

– Fédération internationale des Experts-comptables et Commissaires aux comptes francophones

– Pan African Federation of Accountants

– International Federation of Accountants

Communication 4

Le thème « La réglementation de la profession et du métier d’expert et de consultant », a fait l’objet d’une seconde présentation par Ndongo SENE. L’objectif de cette communication est, entre autres de favoriser l’échange d’expériences avec les fédérations et ordres d’experts et de consultants ; et enfin, de faire des propositions d’amélioration, d’adaptation de la réglementation de la profession /métier.

Les principales leçons tirées de cette communication se résument ainsi :

Au Sénégal, les consultants (consultants indépendants et entreprises/bureaux d’ingénierie conseil ou de génie conseil) font partie des professions libérales au même titre que les experts comptables, les architectes et médecins privés, les cabinets d’avocats, les notaires etc.

Dans l’architecture institutionnelle actuelle du pays, les consultants sont rattachés au Ministère en charge du Commerce, de la Consommation et des Petites et Moyennes entreprises et sont régis par la convention collective du commerce.

Pour l’exercice du métier de Consultant, c’est le Code des Marchés Publics qui organise et régule la commande publique qui représente le principal champ d’activités de la corporation

Par aileurs, depuis 2010, un projet de constitution et de mise de place d’un ordre des ingénieurs et des ingénieurs-conseils est en gestation, suite aux Projets de Directives de l’UEMOA (Union Économie et Monétaire Ouest Africain) relatives à l’harmonisation des textes régissant les professions et la libre circulation des ingénieurs et des ingénieurs-conseils dans les États membres de l’Union.

Dans l’exposé des motifs, ce projet de décret indique en substance que «… l’Ordre ainsi créé est défini comme le cadre qui regroupe obligatoirement et exclusivement les personnes habilitées à exercer la profession d’ingénieur conseil… »

Le texte statutaire proposé pour fonder l’Ordre, en plus du rattachement de l’Ordre à la tutelle du Ministre en charge des Infrastructures et Transports, procède à la réglementation de l’exercice de la profession d’Ingénieur Conseil.

Enfin, il faut aussi indiquer que l’APICS (Association des Professionnels de l’Ingénierie Conseil au Sénégal) avait également initié la constitution d’un ordre des ingénieurs-conseils. Le projet de décret avait été établi et transmis aux autorités compétentes du Sénégal depuis plusieurs années mais aucune suite n’a été réservée à cette initiative.

L’APICS dispose toutefois d’une charte de déontologie et d’éthique en bonne et due forme définissant : ses missions ; les valeurs et comportements professionnels universels, notamment ceux de la FIDIC, attendus des membres ; la prévention et la gestion des conflits ; les règles de bonne gouvernance (interdiction des cadeaux, marques d’hospitalité et autres avantages ; Impartialité et objectivité ; Règlement des questions d’éthique).

Concernant les experts, il y’a lieu de préciser qu’il existe l’ordre national des Experts du Sénégal (ONES) qui est régi par la nouvelle loi n°2017-16 du 17 Février 2017 portant sa création et abrogeant l’ONEEAS (ordre national des experts et évaluateurs agrées du Sénégal) qui était régi par la loi 83-06 du 28 janvier 1983 et par le Décret n°83-339 du 28 janvier 1983 portant application de cette loi.

L’ONES regroupe des praticiens organisés en huit (08) sections et habilités à exercer la profession d’expert dans des conditions fixées par le Décret.

Des membres de la FNECS font partis de cet ordre des experts et il y a une complémentarité entre les consultants et les experts sur laquelle il y’a une volonté de la FNECS et la CNES d’œuvrer pour une synergie, une collaboration mutuellement bénéfique avec les divers partenaires.

Au Sénégal, le marché de l’Ingénierie-conseil est marqué par une forte concurrence extérieure. On relèvera à cet égard que l’État s’est, au fil des ans, surtout appuyé sur une expertise extérieure (notamment européenne) pour mettre en œuvre sa politique de développement économique et social. Et l’activité des ingénieurs conseils locaux, qui devrait valoir à notre pays des rentrées de devises importantes, a du mal à bénéficier d’une réelle politique de promotion et de soutien.

De 1970 à 1989, la timide présence de bureaux d’expertise n’a pas permis le développement des cabinet-conseils d’envergure au point que ce sont les experts de l’Afrique du Nord qui se sont engagés dans la conquête du marché sénégalais des Études.

Le constat effectué depuis la décennie 90 est que bon nombre de cabinets étrangers s’appuient sur l’expertise locale pour conduire leur mission. Ce constat a suscité plusieurs tentatives pour sensibiliser et conscientiser les décideurs locaux et leurs partenaires financiers sur la nécessité d’associer plus fréquemment et directement cette expertise nationale dans la réalisation des études.

Cependant, aucune des initiatives des Ingénieurs-conseils et experts sénégalais pour s’organiser et se poser en interlocuteurs valables aux décideurs, partenaires techniques et financiers et consultants étrangers n’a pu prospérer.

En effet, plusieurs tentatives d’organisation de la corporation (ANCS, Fondation des Consultants du Sénégal) ont été initiées mais elles n’ont pas pu se développer et jouer leur véritable rôle de défense et de développement de la profession.

L’APICS (Association des Professionnels de l’Ingénierie Conseil du Sénégal) créée en 2001 est l’actuelle organisation socio-professionnelle la plus en vue des Consultants du Sénégal.

Cependant, l’association n’est actuellement fonctionnelle que grâce à la bonne volonté et la ténacité d’un noyau dur formé par quelques dirigeants de cabinets et elle peine à mobiliser tous les consultants.

En somme, les bureaux d’Ingénierie Conseil, bien qu’ayant donné la preuve du haut niveau de leur expertise, n’ont pas pu se développer du fait de l’insuffisance de leur valorisation à travers les stratégies politiques appliquées dans le domaine et de l’absence de cadre politique et stratégique pour l’expertise nationale.

D’après les données de l’enquête, les entreprises de génie conseil sénégalaises (EGC/S) qui composent une des communautés technico économiques les plus concernées par la commande publique considèrent qu’elles sont généralement exclues des marchés significatifs pour lesquels c’est la préférence étrangère qui prévaut.

A l’époque, le questionnement était savoir si cette exclusion elle favorisée ou non par le contexte de mondialisation des échanges et de la réglementation des affaires (UEMOA, CEDEAO, OHADA, OMC) qui, combiné avec la problématique classique de l’attractivité économique du territoire, vise à défavoriser toute discrimination positive au profit des entreprises locales ?

Dans un tel contexte l’autre question était de savoir ce que peut faire l’État pour participer à la promotion du développement des entreprises susceptibles de participer à asseoir voire sauvegarder la « souveraineté économique nationale » du pays ?

Elle était aussi de vérifier de quel droit peuvent se prévaloir les communautés scientifiques, techniques et économiques qui font fonctionner l’économie nationale ? Mais aussi de savoir si l’entreprise locale peut revêtir une quelconque réalité ?

La réponse à ces questions était que :

  • sans vouloir « bunkeriser » notre économie, il fallait se donner les moyens de contribuer à la naissance ou à l’éclosion d’entreprises de plus en plus capables de réaliser les objectifs qui sont fixés dans les projets politiques. En ce sens, l’Etat se devait de créer les conditions permettant aux entreprises du pays de se développer, de ne pas subir et de ne pas servir de « faire valoir » aux entreprises étrangères.
  • pour le SPN, Il s’agissait aussi de se donner les moyens d’un plaidoyer pour convaincre et conduire l’Etat à mettre en place une politique publique de gouvernance de la souveraineté économique avec des obligations pour les entreprises qui bénéficient de cette promotion.
  • à l’expérience des anciens qui travaillent dans le domaine depuis plusieurs décennies ; qui ont créé des bureaux d’études et qui malgré, maux et vents, parviennent à préserver les emplois en se battant jour et nuit ;
  • aux ressources humaines jeunes et compétentes qui gagnent de plus en plus en expériences ;
  • à l’existence de moyens techniques (laboratoires, outils, logistiques) ;
  • à la connaissance des réalités des profondeurs du Sénégal ;

En effet, la profession souffre de l’absence de politique d’accompagnement de la part de l’État, se traduisant sur le terrain par :

  • la très forte concurrence des cabinets internationaux qui utilisent les références de leur siège qui ont plus de 50 ans d’existence ;
  • la préférence de certains donneurs d’ordre à travailler avec des cabinets non sénégalais et le mépris des règles de transparence, au niveau de certaines autorités contractantes ;
  • les difficultés d’accès aux marchés publics d’envergure ;
  • la concurrence des structures publiques ou parapubliques qui n’ont pas les lourdes charges fixes des consultants ;
  • l’absence d’un cadre juridique et législatif spécifique à la profession qui fait que tout le monde peut facilement devenir un consultant ;
  • l’absence de la profession dans les instances de décisions sur les activités touchant la profession ;
  • l’inadaptation des règles de la fiscalisation à la profession qui souffre de sa méconnaissance ;
  • la pression fiscale élevée, lourde et peu compatible avec l’exercice de la profession ;
  • les délais de paiement non respecté par les maitres d’ouvrage ;
  • la bataille des prix entre cabinets et qui par ailleurs ne respectent pas souvent les engagements durant l’exécution.

Cependant, suite à l’enquête qui avait été réalisée en 2017 au sein de l’APICS, les cabinets avaient fait les propositions ci-après.

  • Organisation pour mieux gérer la profession ;
  • Promouvoir l’expertise nationale et éventuellement former des groupements et partenariats entre les bureaux d‘études locaux ;
  • Faire un plaidoyer auprès de l’État pour que l’expertise nationale soit valorisée et protégée par une réglementation spécifique à la profession ;
  • Dans cette perspective, développer les interventions pour sensibiliser les pouvoirs publics afin d’accélérer la reconnaissance de l’Ordre des Ingénieurs et des Ingénieurs Conseils dont les textes du projet décret ne sont toujours pas encore finalisés ;
  • Il s’agissait aussi de renforcer le dispositif organisationnel pour assurer la défense des intérêts corporatifs. L’APICS devait à cet égard faire les démarches nécessaires pour adhérer à la CNES.

Enfin un certain nombre de propositions ont été formulées pour une amélioration et une adaptation de la réglementation de la profession et du métier. Il s’agit de :

  • conforter les acquis pour un mouvement d’ensemble et des résultats plus efficaces et surtout  avoir une discussion annuelle avec l’État sur l’état de la profession d’IC au Sénégal ;
  • développer un partenariat technique avec les Universités, les Écoles de Formation et les Centre de Recherches, avec le patronat, les autorités publiques et les agences de régulation ;
  • circonscrire les frontières de l’exercice de la profession d’IC au Sénégal avec les autres prestations intellectuelles (Cabinets d’architecture, Experts comptables, bureaux de contrôle technique) ;
  • faire la promotion du métier dans les salons et foires ;
  • convaincre les autorités pour faire partie et accompagner les missions économiques organisées à l’étranger.

En conclusion de cette communication, nous pouvons retenir :

D’abord, qu’il n’y a pas encore une réglementation spécifique au métier et à la profession de consultant au Sénégal. Dans ce pays, chacun peut devenir facilement «Consultant» et à la limite le secteur informel concerne une bonne partie des consultants individuels qui ne payent ni impôts ni de charges sociales.

Cette situation a beaucoup contribué à fragiliser cette profession marquée, par ailleurs, par une forte et tenace concurrence étrangère européenne d’abord, maghrébine ensuite et Ouest africaine maintenant.

Ensuite, dans les propositions de réglementation présentement conduites dans le cadre de l’UEMOA, l’ancrage institutionnel de la corporation des consultants au Ministère des infrastructures, des transports et du désenclavement doit être ré-examinée. En effet, cette corporation concerne pratiquement tous les départements ministériels (agriculture, santé, justice, infrastructures etc.) et, à défaut d’être sous la tutelle institutionnelle du Ministère chargé des PME, devrait être logé à la Primature.

Communication 5 :

La cinquième communication qui porte sur le thème « La réglementation de la profession et du métier d’expert et de consultant », vu sous l’angle d’opportunités à saisir par les experts et consultants, a été présentée par Mme Khadijétou Dia LY de l’ARCOP.

Elle a axé son intervention sur entre autres, le capital humain, ressource essentielle pour promouvoir le développement économique et social, c’est-à-dire sur le potentiel du capital humain sénégalais.

Elle a également abordé la commande publique comme levier de développement économique et social.

Aussi, MME LY a traité des opportunités, notamment :

              Le Plan prévisionnel de passation de marchés (PPM) (publié par la DCMP au plus tard le 1er décembre de l’année  N-1 pour les marchés de l’année N;

  • Avis général de passation de marchés AGPM (avant le 15 janvier) de l’ année N;
  • Avis spécifique (Appel à manifestation d’intérêt (AMI)) dans un journal quotidien à grande diffusion) au moment de la passation du marché;
  • Sites internet :
    • Portail des marchés publics :  www.marchespublics.sn

Enfin, elle a émis  les recommandations suivantes : s’informer, se former, appui technique, utilisation de la documentation (guide du soumissionnaire,  http://www.armp.sn/images/guide-du-soumissionnaire.pdf).

 Connaître les procédures de passation de marchés, accroître la qualité des prestations offertes au risque de perdre des marchés ;

Connaître l’environnement des marchés des états membres de l’UEMOA et s’adapter pour se conformer aux exigences ;

Dans des domaines spécifiques, aller en groupement avec des cabinets étrangers pour le transfert de compétence.

CONTRIBUTIONS ET RECOMMANDATIONS DES PARTICIPANTS

  1. S’attaquer au secteur informel afin de régler le problème de la pauvreté et acquérir les compétences de déploiement et faire des alliances entre consultants et informel (97% sont dans l’informel) – Expert ONECCA
  2. Le serment des experts qui ont une mission d’intérêt général- relation client/expert -Serigne Moustapha KA- Expert-comptable-
  3. Le travail moyennant rémunération- Badara MBAYE-ING CONSEILS
  4. Parler du danger-un sinistre par le feu coûte plus cher qu’il y a 10 ans- Alioune touré SAGNA-Expert incendie
  5. Qui doit juger le consultant ou l’expert ? Quelle part de marché attribuée aux consultants ? Youssouf NDIAYE- Consultant projet développement
  6. L’expert et le consultant sont tous les 2 indépendants. Aller vers des réformes sur les marchés publics- Séparer la fonction de passation marchés et celle de définition des besoins- un monde de services aujourd’hui- Dr oumar DIOKHANE    
  7. Le Sénégal regorge de nombreux experts. Il y a une complémentarité entre consultants et experts. Il faut se réorganiser et exploiter le digital- ACHIM NDIAYE- ING TELECOM
  8. Normaliser la consultance et l’architecture- MBACKE NIANG- Architecte
  9. Nationalisation du PAP3 du PSE- Les consultants et experts sont bénéficiaires des instruments BMN et 3FPT- Créer une plateforme pour mettre à disposition les différents consultants et experts présents et répondre aux besoins de l’économie- MME Aminata DIA BOS PSE.
  10. La dernière rencontre de ce genre remonte à 1983- Mettre en exergue l’orientation clients – le management du changement et les compétences en communication- Monsieur BA
  11. Devrais-je me considérer comme enseignant chercheur ou consultant ? Dr zougha
  12. S’étendre en Afrique, faire des productions scientifiques, et des conférences –           Nicolas enseignant chercheur au CESAG

       En définitive, il y a lieu de penser à l’organisation d’une seconde édition de la profession et du métier de Consultant et de l’expert pour discuter sur les difficultés que cette corporation affronte et qui font que beaucoup de bureaux d’études se retrouvent actuellement dans une situation très délicate. Cette édition permettra aussi de parachever et d’asseoir de nouveaux partenariats et collaboration entre ordres, cabinet d’ingénierie, associations et la fédération nationale des experts et conseil-CNES.

Aussi, beaucoup de recommandations ont été émises. Elles feront l’objet d’un plan d’actions et d’un suivi.

Le Président FNECS                                                                                  Le Président de séance

 Abdoul Aziz NDAW                                                             Professeur Mohamed Ben Omar NDIAYE

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